Archives de l’auteur : Éric MALVACHE

23 avril

Carte postale envoyée depuis l’hôpital St Mandrier – Toulon (Var)
Salles des sous officiers 19 et 14

Sans titre 12Sans titre 13

cher ami,

je suis ennuyé de ce que cette
maudite blessure mes obliger à
vous quitter aussi brusquement
toi et les camarade de la 5e [?]
J’aurais voulu pouvoir envoyé
un mot a chaqu’un aux
copains de la 5e et à la liaison
mais comme tu le vois je ne
puis écrire moi même ayant
encore les deux yeux bandés
Donne le bonjour a tous de ma part
Cordial poignée de main
signé par camamarade Jean Thirvion [?]
un camarade de l’opital.

19 avril

Carte postale envoyée par H[onoré ?] PEERS, depuis l’hôpital collège Jean Bart de Dunkerque (salle 10) à Émile Lobbedey le 19 avril 1915

Sans titre 10Sans titre 11

Dunkerque 19 avril 1915

Bien cher Émile,

Reçois ce jour ton aimable carte
du 11, dont je te remercie. Je croyais que
tu avais été en contact avec le 43. C’est pour
cela que je t’en causais. Paul Vieren et
Fre [?] Peers se sont rencontrés, ont fait soirée
et couché ensemble, tiré leur photo, mais
le photo[graphe] a cassé la plaque. C’est un mal à patte.
Heureux de te savoir en bonne santé. J’attends
Berthe dimanche, elle ira dire bonjour chez toi.
Bonne route ! Bon courage ! Je ne t’oublie pas
en prières. Je fonds comme glace. Baisers

Hri [Henri ?] Peers

14 avril

Carte postale envoyée par Odile Lobbedey (sa mère) le 14 avril 1915

140415b140415

14 avril 1915

Mon cher Émile je reçois au même courrier
4 lettres des 5, 6, 8 et 9 merci ! merci ! De penser à
moi à ma tante ; comment tu as souffert ainsi des
dents ! bonne guérison. Ton capitaine prisonnier sans
blessures, tant mieux ! oui ! j’ai pensé à toi, à ton poste,
tu es exposé, mais moins ; mais j’ai eu une autre pensée
Depuis quelques jours est cela entre toi et moi, je vais
tâcher d’aller à Bailleul et par ce même courrier j’écris
aux tantes demandant si Mr Plichon* est là ou quand ils
espèrent qu’il serait à Bailleul j’irai le voir exposant
ton devoir accompli, ta vaillance pendant 8 mois et ta citation,
sans perdre ton grade j’entendrai ce qu’il me dit.

 Je me présenterai en faisant allusion à
Grand papa au [ ?]Père Plichon

Cher Émile union de prières – affectueux baisers
Ta mère qui te bénit Odile

Jean Plichon en 1913

* Note : Plichon était en 1915 conseiller général de Bailleul, député du Nord, ancien ministre

11 avril

Carte postale envoyée à Émile Lobbedey le 11 avril 1915,
signée Marie-Thérèse et Alice [Vieren]

Sans titre 7bSans titre 8

Estaires ce 11 avril 1915.

Cher Émile,
Affectueux souvenir de toute la famille.
Berthe est partie ce matin pour Dunkerque rendre visite à
Henri à l’hôpital, il aura une convalescence dit-on pour la
passer nous ne savons où. La circulation est difficile. Espérons qu’elle aura
le bonheur de passer un moment avec sa tante et ta bonne mère.
Jusqu’ici bonnes nouvelles de tous nos frères. J’aime à croire
que tu es toujours en bonne santé, la mission devient plus
nécessaire. Bonne santé. Bon courage et confiance en
ta mère, ta famille, parents qui pensent à toi. Surtout en ton
oncle Monseigneur qui chaque jour à l’autel doit [?] avoir auprès du
Très -haut de grands pouvoirs. Envoi [?] de prières pour ton Père pour ton prochain retour bientôt.

Marie-Thérèse et Alice
[sœurs de Berthe, famille Vieren]


Carte postale envoyée à Émile Lobbedey le 11 avril 1915 par sa mèreSans titre 6

Sans titre 6bMon cher Émile je rentre des vêpres, en attendant
ma tante je t’envoie mon affectueux bonjour,
bonsoir, combien je suis près de toi quand je sais
que tu es au front, mes invocations au Sacré Cœur
ne tarissent pas, oui Dieu te conservera à mon
affection, fais ton devoir, sois brave mais sans té-
mérité, avec prudence, dans une prochaine dis-moi
ce que t’incombe ton nouveau grade, tes attributions.
Je n’ai pas démérité auprès de ma tante pendant
mon séjour chez elle, au contraire, nous continuons
à nous bien entendre, comprendre et que la guerre
se termine promptement, tu verras que nous vivrons
une heureuse trinité ! Bon courage Émile – Gros baisers. Ta mère Odile

31 mars

Note
À partir du 13 mars, il n’existe qu’une sorte de « plan » écrit par Émile Lobbedey qui indique en quelques mots ce qui devait sans doute être l’objet de son développement.
Voici ces notes.

Arrivée à Souilly à midi

t8-PlansDessinésELOBBEDEY_0018

« Brouillon » trouvé à l’intérieur du dernier cahier intitulé Tome VIII

Par ces derniers notes, s’achèvent les huit cahiers rédigés par Émile Lobbedey intitulés : « Journal de campagne 1914-1915-1916 ».

Pourquoi alors 1916, si ces cahiers s’achèvent en mars 1915 ?

Sans doute parce qu’ils ont été rédigés durant sa convalescence, entre sa blessure en octobre 1915 et sa nouvelle affectation dans l’aviation en juillet 1916. Peut-être a-t-il cru qu’il pourrait ou qu’il aurait à raconter cette année de guerre supplémentaire… Personne n’a la réponse.

On imagine que s’il avait rédigé ces cahiers à la fin de la guerre, il ne se serait sans doute pas arrêté en 1916, mais probablement en 1918, jusqu’à l’armistice !

Son oncle, le cardinal Lobbedey, décédant en décembre 1916, nous laisse peut-être un indice. La dédicace qui lui est attribuée dans son premier cahier, laisse à penser que celui-ci est encore vivant au moment de sa rédaction. Cela permet-il d’en déduire que ces cahiers ont été rédigés avant décembre 1916 ? Rien n’est moins sûr. Là encore il ne s’agit que de suppositions…

 

Il faudra attendre 1917 pour retrouver un historique plus ou moins complet du parcours d’Émile Lobbedey au travers de son carnet d’emploi du temps.

Quelques correspondances (publiées au jour le jour), des cartes postales (reçues ou envoyées), viendront compléter son parcours.

A travers ses cahiers et les noms des combattants qu’il cite, Émile Lobbedey aura permis de rendre à certains d’entre-eux une partie de leur histoire et les a fait entrer avec lui dans la Grande Histoire.

A partir de ce jour, suivront les dernières notes et correspondances d’Émile, entre lui et ses proches. Puis suivra, plus tard, son carnet de vol…